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Le 11 décembre dernier, suite à un entraînement sur home-trainer, David Franek, ressentit une vive douleur dans le dos, se prit un antalgique puis s’allongea, peu après il fut victime d’un arrêt cardiaque.

Cette si tragique nouvelle, si brutale, si imprévisible, si incompréhensible, si injuste eut l’effet d’un gigantesque coup de massue dont il est bien difficile de se remettre.

Il ne s’agit pas ici de se révolter contre une loi humaine imparfaite, mais de s’indigner contre une loi naturelle et en particulier de la 1ère d’entre elle, celle qui fait qu’aux deux extrémités de la vie humaine, il y a pour les proches une naissance porteuse d’avenir, de joie et d’espérance, et à l’autre bout une mort porteuse, elle, de très grande tristesse, de désarroi, d’abattement et en certaines occasions d’un sentiment de très grande injustice.

Pour David Franek ce sentiment d’injustice est d’une profondeur incommensurable. Pourquoi cette maudite faucheuse l’a t’elle choisi, lui, si tôt, si jeune, si talentueux, si exemplaire, non seulement en tant que sportif humble, généreux estimé de tous (de ses rivaux les plus huppés comme des plus modestes pratiquants), mais aussi en tant que père de deux enfants pour lesquels il se donnait corps et âme ?

David ne pratiquait pas le sport dans le but d’étaler une quelconque supériorité auprès de ses « petits camarades de jeux » , ce type d’attitude lui répugnait. Son objectif était de se démontrer à lui-même ce dont il était capable, à savoir de réaliser de très grands exploits sportifs.

Sa philosophie du sport était on ne peut plus saine, il aimait avant tout être sur son handbike que ce soit pour s’entraîner dur ou bien que ce soit en course où son palpitant s’accélérait alors d’autant plus que l’enjeu était de taille. Une fois la course achevée il rechignait bien souvent à se rendre aux cérémonies de récompenses et à y recevoir honneurs et éloges des organisateurs.

Il ne souhaitait pas endosser le statut du grand champion qu’il était réellement, ceci dans le souci de ne pas se distancier à la fois de ses rivaux comme de coureurs modestes. Jamais il ne se serait permis de snober un coureur à qui il venait pourtant de mettre plusieurs tours dans la vue, au contraire après la course il s’enquérait de ses sensations, voire même le félicitait.

Cette façon d’être, c’était David, un sportif hors norme doté d’un cœur énorme.

Nous ne pouvons qu’être accablés par une si brutale disparition.