Page précédente

Comme tous les Stadistes, nous nous réveillons ce matin sous le choc, abasourdis par la triste nouvelle. Christophe Dominici nous a quittés, hier, à 48 ans, dans un ultime crochet qui nous laisse sans voix.

Symbole du Stade Français des années Max Guazzini, cet ailier au modeste gabarit était une légende du rugby français. La France l’avait définitivement adopté, un après-midi d’Automne en 1999, quand son magnétisme aimanta le ballon aux capricieux rebonds et que ses appuis électriques médusèrent les All Blacks de Jonah Lomu pour guider les Bleus en finale de Coupe du monde.

Cette image figure aujourd’hui au panthéon des exploits du sport français. On pourrait aussi parler de son premier essai, lors de France-Angleterre en Février 1998, pour l’inauguration du Stade de France. Pour ses débuts internationaux, c’est lui qui testa le premier l’en-but de ce nouvel écrin. Des essais avec le XV de France, ce puncher insaisissable en marqua beaucoup : 25 au total, toujours dans son style si singulier, avec 4 victoires à la clé dans le Tournoi des 6 Nations.

On pourrait visionner, des heures durant, les cinq Boucliers de Brennus décrochés avec l’équipe du Stade auquel il fût fidèle jusqu’à sa retraite de joueur en 2008. Le surprenant titre de 1998 contre Perpignan jusqu’au final renversant du sacre de 2007 contre Clermont…On ne s’en lasserait pas.

« Domi », comme tout le monde le surnommait, était un stadiste, un vrai. Venu de Toulon en 1997, il avait toujours gardé sa gouaille et sa simplicité. Sa vivacité, sa liberté, son audace en avaient fait un vrai parisien.

Le samedi, nous l’admirions à Jean-Bouin, le dimanche, nous le croisions à la Faisanderie. Avec la discrétion et la disponibilité des champions. Avec la même générosité qui le conduisit, parfois, à accepter des missions délicates quand d’autres auraient reculé, plus soucieux de ménager leur image.

En 2008, Christophe devient entraîneur du Stade Français, une équipe sans le même rayonnement. Le risque d’échouer ne le fait pas reculer. Comme sur le terrain, il s’engage avec passion, lui qui aimait tant défier les plus gros et les plus grands. La trajectoire sinueuse de sa vie s’est terminée dans le Parc de Saint Cloud, pas loin de notre chère Faisanderie.

Le Stade Français pleure un de ses plus grands Champions. Christophe Dominici est à jamais dans nos cœurs stadistes et nous pensons à sa compagne Loretta et ses filles Kiara et Mya.